Ces derniers jours j’ai (re)vu un certains nombre de films de Oshii pour fêter la sortie (enfin !!!) de Tachiguishi Retsuden en DVD et tant qu’à faire j’ouvre un petit fil, pour vous rappeler combien Oshii c’est comme les nouilles, c’est bon.
Il est surtout connu pour ses films d’animation, en particulier Ghost in the Shell, mais sa filmographie est très riche et loin de se limiter à cela. Et malgré des films qui n’ont parfois pas grand chose à voir, on peut facilement tisser entre eux un réseau de références et de thématique qui en font une oeuvre cohérente.
Mamoru Oshii c’est donc, en vrac :
De la SF – à de rares exceptions près (L’oeuf de l’ange ?) tous ses films relèvent de la science-fiction, suivant principalement deux genres : d’une part une SF hyper technologique et cyberpunk (GITS, Avalon), de l’autre une uchronie développant un après guerre alternatif (les films sur les Kerberos Panzer Cops, en particulier Lunettes Rouges, Stray Dog et Jin-Roh)(le dernier est réalisé par son élève Hiroyuki Okyura).
Des films contemplatifs – malgré des scénarios qui laisseraient parfois penser à des films d’action les films de Oshii sont très lents, n’hésitant pas à interrompre une fusillade pour la ponctuer de plans fixes, ou presque, bref tournant le dos à l’action frénétique (GITS), allant jusqu’à oublier le récit de l’histoire au profit de la déambulation des personnages (Stray Dog, L’oeuf de l’ange).
De la philo – donc des films assez dialogués (au moins partiellement) où on se prend la tête et on regrette d’avoir séché les cours en terminale. Présent dès ses premiers films ou presque (L’oeuf de l’ange et son final perché) cet aspect s’accentue avec ses films cyberpunk (GITS 1&2, Avalon). Je développe pas, mais c’est passionnant !
Des chiens – des bassets principalement, vous savez ces animaux dégueulasses qui bavent et qui foutent de la bouffe partout à coté de leur gamelle ? C’est sans doute d’ailleurs son seul défaut, Oshii préfère les chiens aux chats... allant même par les faire s’affronter frontalement dans Lunettes Rouges (où ils s’empoisonnent mutuellement avec des ramens « spécial chien/chat »).
Tout le monde s’en fout donc je développe : il y aurait de quoi écrire un bouquin sur Oshii est les clébards, mais grosso modo dans son oeuvre le chien c’est tour à tour (et parfois en même temps) : celui qui privé de maître erre sans but (Stray Dog) et plus généralement un paria (Tachiguishi retsuden), le même qui peut se révéler un loup (Jin-Roh) et de manière générale un symbole de révolte juste, le chien choisissant son maître, et de rectitude morale (Lunettes Rouges)... dans les films cyberpunk (Avalon, GITS 2) il est indice de réalité, ou non, mais aussi dernier réconfort physique et sincère dans un monde froid et désincarné (donc on le gâte, il faut voir comment dans ces films les chiens bouffent mieux que les humains, c’est un scandale).
Des intrigues politico-diplomatiques hachement compliquées – le plus souvent en arrière plan de l’action, dépassant les personnages et d’ailleurs le plus souvent irrésolues à la fin du film ou d’une manière peu explicite (Patlabor 2, GITS, Jin-Roh,...). Peu étonnant, car malgré l’intérêt et le soin accordés à ces éléments les films de Oshii s’intéressent principalement à l’humain.
Des films conceptuels post-modernes de la mort qui tue – un aspect peu connu de sa filmo (puisque surtout présent dans ses films live), mais Oshii a à son actif un certain nombre de films plus ou moins expérimentaux, visuellement (Lunettes rouges, Tachiguishi retsuden) ou conceptuellement (Talking Head), du genre qui laissent perplexes avec l’impression d’avoir rien compris et qui demandent d’être revus pour être vraiment appréciés.
Kenji Kawai – what else ?
=> Mamoru Oshii c’est le bien !
(ceux qui ne sauraient par où commencer, mes préférés sont les deux Ghost in the Shell, surtout Innocence mais le premier aussi, et Talking Head)


